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Séance de Clôture



Remise du Prix Lumière
à Clint Eastwood



Les invités


 
Soirée d'Ouverture 



Le Village Festival


Expo Jerry Schatzberg


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A bout portant de Don Siegel



Pale Rider
de Clint Eastwood


Sur la route de Madison

de Clint Eastwood



Le Bon, la brute et le truand

de Sergio Leone


Il était une fois dans l'Ouest

de Sergio Leone


Il était une fois en Amérique
de Sergio Leone


Tous les films sont présentés en version originale sous-titrée

Audiard dans le texte

Savoureuse petite balade parmi les meilleurs répliques de Michel Audiard, passé en deux décennies seulement du statut de scénariste omnipotent du cinéma commercial à celui de dialoguiste culte intergénérationnel. Une place unique dans le cinéma français.

 

"Un gentleman est quelqu'un qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de gestes."        
    
 "Tu sais pourquoi les producteurs de films ont tous des Rolls-Royce ? C'est parce que dans le métro, il faut payer comptant."            

Michel Audiard

 

Jean Gabin dans Le Cave se rebiffe, 1961 Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo dans Un Singe en hiver, 1962 Cent-mille dollars au soleil, 1963 Les Tontons flingueurs, 1963
Jean Gabin dans Mélodie en sous-sol, 1963 Les Barbouzes, 1964 Linon Ventura dans Ne nous fâchons pas, 1965 Fleur d'oseille, 1967
La Grande sauterelle Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, 1968 Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, 1968 Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, 1968
L'Incorrigible, 1975 Jean-Paul Belmondo dans Flic ou voyou, 1978    

 

Le Cave se rebiffe (1961)

Un film de Gilles Grangier avec :
Jean Gabin
Martine Carol
Bernard Blier
Maurice Biraud

- Ah évidemment  j'en suis pas encore aux toiles de maître, mais enfin c'est un début!

- Oh... c'est un début qui promet. Mais tu vois si j'étais chez moi comme tu le disais si gentiment, bah j'mettrai ça ailleurs.

- Qu'est-ce que je disais, y s'rait mieux près de la fenêtre. Tu le verrais où toi ?

- À la cave.

- Parce que j'aime autant vous dire que pour moi, Monsieur Eric, avec ses costumes tissés en Ecosse à Roubaix, ses boutons de manchette en simili et ses pompes à l'italienne fabriquées à Grenoble, eh ben, c'est rien qu'un demi-sel. Et là, je parle juste question présentation, parce que si je voulais me lancer dans la psychanalyse, j'ajouterais que c'est le roi des cons... Et encore, les rois, ils arrivent à l'heure...Parce que j'en ai connu, moi, mon cher Maître, des Rois... Et pis pas des p'tits... Des Hanovre... Des Hohenzollern... Rien qu'du micheton garanti croisade... Mais vous m'voyez-là, maintenant, mais moi, j'ai pas toujours tenu un clandé !... Vous avez pas connu la Rue du Chabanais... Soixante chambres !... Et y z'ont filé tout ça aux P'tites Soeurs des Pauvres !... Quand j'y pense, tiens... Alors, c'est pour vous dire que votre ami Éric, ses grands airs, y peut s'les cloquer dans l'baba !...

- L'honnêteté, ça se paye.

- L'éducation, ça s'apprend pas.

- Mon cher, je sais que le dicton veut qu’on n’prête qu’aux riches... mais on n’leur prête pas à vingt pour-cent. Je n’demanderai pas mieux que d’placer votre argent dans la famille Rotschild, malheureusement...

- Oh mon cher Maître j’vous en prie ! Entre l’Baron Edouard et un traîne patins comme Eric, y’a une marge... D’ailleurs à propos d’marge, j’trouve un peu baroque d’vous prêter à huit pour-cent du pognon qu’vous faites travailler à vingt.

- Mais pourquoi j'm'énerverais ? Monsieur joue les lointains ! D'ailleurs, j'peux très bien lui claquer la gueule sans m'énerver !

- Dans un ménage, quand l'homme ne ramène pas un certain volume d'oseille, l'autorité devient, ni plus, ni moins, d'la tyrannie !... Et l'autoritaire, un simple emmerdeur prétentieux !...

- L'affaire redeviendrait possible si on pouvait faire contrôler nos sterling par un spécialiste...
- Vous en connaissez un ?

- Le meilleur !... Pis blanchi sous le harnais, hein... Trente ans d'fausse monnaie et pas un accroc... Un mec légendaire, quoi... Les gens de sa partie l'appellent le Dabe et enlèvent leurs chapeaux rien qu'en entendant son blase... Une épée, quoi...

- S'il est aussi fortiche que tu l'dis, ce... ce Dabe, y doit avoir de gros appétits ! Combien y va encore nous piquer ?

- Si un homme comme ça entre dans la course, ça n'a pas d'prix !... Parce qu'avec lui, y'a pas d'problème... C'est comme si on s'associait avec la Banque d'Angleterre... Nos sterling, on pourra les montrer à Pinay !...

- T’es là pour longtemps j’espère ?

- En principe non, mais t’sais dans les affaires on sait jamais. Tu t’déplaces pour trois semaines et pis tu peux rester vingt piges, ça c’est vu.

- Pour une fois que je tiens un artiste de la Renaissance, j'ai pas envie de le paumer à cause d'une bévue ancillaire!

- Une quoi ?
 
- Une connerie de ta bonniche...

- Le Bon Dieu aurait pu te faire honnête, tu as de la chance il t'a épargné.

- Je connaîs ton honnêteté, mais je connais aussi mes classiques. Depuis Adam se laissant enlever une côte jusqu'à Napoléon attendant Grouchy, toutes les grandes affaires qui ont foiré étaient basées sur la confiance...

- Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses
J.Gabin

- Entre nous, Dabe, une supposition... Hein, je dis bien une supposition, que j'ai un graveur, du papier, et que j'imprime pour un million de biftons. En admettant, toujours une supposition, qu'on soit cinq sur l'affaire, ça rapporterait, net, combien à chacun ?
- Vingt ans de placard. Entre truands, les bénéfices ça se partage, la réclusion, ça s’additionne.

- Le faux talbin est un travail qui se fait dans le feutré.

- J't'enverrai un gonze dans la semaine. Un beau brun avec des petites bacchantes. Grand. L'air con

- Ca court les rues les grands cons.

- Oui mais celui là, c'est un gabarit exceptionnel! Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon! Y serait à Sèvres!

- Y suffit de mettre un gigot au four pour voir s'amener les emmerdeurs.

- Dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c'est faciliter la réussite des médiocres.

- Maint’nant dis donc Charles, si t’as besoin d’quelques briques, tu sais qu’j’suis toujours un peu armé moi
.
- Oh ! Non. J’en suis pas encore là, j’suis pas v’nu pour te bottiner. Quoi qu’la fraîche elle décarre petit à p’tit et pis si ça continue comme ça, un d’ces quatre, j’vais m’retrouver sur les jantes.

- Bon, bah puisque t’en es pas encore là, alors écoute-moi. Dis toi bien qu’tes p’tites misères c’est rien à coté de c’qui t’attends si tu persistes dans tes rêveries. Parce que dans l’faux talbin, alors là tu vas la comprendre ta douleur. Tu vas y laisser ta santé. Tu vas les découvrir les vicieux, pas ceux qu’tu connais d’habitude. Moi j’te parle des vrais, ceux qu’ont les grandes dents. Y vont t’bectarés tout cru les vilains. Note bien j’sais pas pourquoi j’te raconte ça puisque tu s’ras enchrister avant d’avoir touché une petite tune.

- Tu crois ?

- C’est un coup sûr tu vaux cent contre un dans l’parcours. Tiens prend un beignet là. Tu vas voir c’est bon, c’est du poissecaille que tu trouve pas en France.

- Dis donc, il est girond ton p’tit sommelier.
- Ah ! Bah si l’cœur t’en dis j’peux t’le bloquer pour la sieste.

- Ah ! Non tu vois c’est drôle, mais...j’ai plus d’goût à rien.

- Mais te laisses donc pas aller mec, tu trouveras bien une autre façon d’en r’trousser d’l’oseille, crois-moi c ‘est un service que j’te rend.

- Beuh !

- Bon ! Bah, puisqu’as pas l’air de m’croire, tu sais combien j’ai fait d’opération en trente piges d’exercice ?

- J’sais pas moi, une dizaine.

- Non, Monsieur. Cinq. Y’en a quatre qu’ont bien tournées et puis y’a eu la cinquième.

- Ca a pas marché ?

- Ah ! Non, ça n’a pas marché. Et pourtant j’pouvais croire que j’avais tous les atouts en main. Léon le stéphanois, qu’etait un vrai Rubbens, m’avait gravé un cent Florins plus beau qu’le vrai. J’avais trouvé l’papier en Italie et les encres en Suisse. La bécane, j’mettais mouillé d’sept briques. J’l’avais fait v’nir de chez Kottenburg à Leipzig. Et encore pour plus de sécurité, j’l’avais fais transiter en pièces détachées, moitié par l’Italie, moitié par l’Portugal. Tu peux pas savoir.

- Oh ! Dis donc...

- Et attends, attends, c’est pas tout. En huit heures au chrono, les deux millions d’Florins étaient tombés, la bécane démontée, la gravure détruite et tout l’papelard brulé. Tout ! Tout ! Tout ! Tout !

- B’en alors qu’est ce qu’a pas marché ?

- Eh ! B’en devine.

- Ton client qui t’a pas casqué ?

- Non !

- T’as eu des ennuis avec les perdreaux ?

- NON !

- Alors là, j’vois pas.

- Le dix sept Juin quarante cinq, ça t’dis rien ça, à toi, l’dix sept Juin quarante cinq.

- Non (de la tête)

- Et b’en l’dix sept Juin quarante cinq la banque Royale des Pays Bas a annoncé qu’la coupure de cent Florins était démonétisée et r’tirée d’la circulation, bloquée en banque. Un vane de Madame la reine Wilhemine. A j’m’en rappellerai d’celle là. A cause d’elle j’me suis farci un feu d’cheminée d’quinze cent millions.

- Ils avaient l’droit d’faire ça ?

- Pauv’e con ! Le droit ! Mais dis toi bien qu’en matière de monnaie les états ont tous les droits et les particuliers aucun !
   
-     Depuis Adam se laissant enlever une côte jusqu'à Napoléon attendant Grouchy, toutes les grandes affaires qui ont raté étaient basées sur la confiance! Croire en les honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses....

 

Un singe en hiver (1962)

Un film de Henri Verneuil avec :
Jean Gabin,
Jean-Paul Belmondo,
Suzanne Flon et
Paul Frankeur

   
- Matelot Hénault Lucien, veuillez armer la jonque, on appareille dans cinq minutes.

- C'est parti

- Albert, je vous en prie, vous n'allez pas encore tout me saloper comme la dernière fois.

- Madame, le droit de navigation sur le Yang Tse Kiang nous est formellement reconnu par la convention du 3 août 1885. Contesteriez-vous ce fait ?

- Je ne conteste rien. Je vous demande simplement de ne pas tout me casser comme l'autre jour.

- Oh... mais pardon ! L'autre jour, les hommes de Chung Yang Tsen ont voulu jouer au con. Heureusement que j'ai brisé la révolte dans l'oeuf, sans barbarie inutile, il est vrai. On n'a coupé que les mauvaises têtes ; le matelot Hénault peut témoigner.

- Sur l'honneur.

- Bon. Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d'abord, j'vais vous donner les dernières instructions de l'Amiral Guépratte, rectifiées par le Quartier-Maître Quentin ici présent. Voilà : l'intention de l'Amiral serait que nous perçions un canal souterrain qui relierait le Wang-Ho au Yang-Tse-Kiang.

- Le Yang Tse Kiang... bon...

- Je ne vous apprendrais rien en vous rappelant que Wang Ho veut dire fleuve jaune et Yang Tse Kiang fleuve bleu. Je ne sais si vous vous rendez-compte de l'aspect grandiose du mélange : un fleuve vert, vert comme les forêts comme l'espérance. Matelot Hénault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde !
   
- Avoue qu'c'est quand même une drôle d'heure pour arriver, surtout de ce temps-là.

- Ah! les voyageurs c'est fait pour voyager, le temps n'a rien à voir là-dedans.
   
- Droit au coeur, messieurs !

- Si tu crois que c'est le moment de faire le zouave.

- Je m'demande madame c'que les zouaves viennent faire là-dedans. Quartier Maître Quentin du corps expéditionnaire d'extrême-orient. Garde à vous ! Envoyer les couleurs.
   
- Ah! Nous y voilà. Ma bonne Suzanne tu viens de commettre ton premier faux pas. Y'a des femmes qui révèlent à leur mari toute une vie d'infidélité, mais toi, tu viens de m'avouer quinze années de soupçon. C'est pire. Note bien qu't'as p't-être raison. Qui a bu boira. Ça faut reconnaître qu'on a le proverbe contre nous.
   
- Messieurs, votre accueil me bouleverse mais ne saurait égarer mon jugement. J'ai tout de même pas mal voyagé, c'qui me permet de vous dire en connaissance de cause que votre pat'lin est tarte comme il est pas permis et qu'il y fait un temps de merde.

- Je suppose que monsieur plaisante...

- Absolument pas.

- Vous savez combien y'a eu de jours de soleil en Juillet. 17.

- Soleil de mes fesses! Vous savez pas c'que c'est qu'le soleil! Vous l'avez jamais vu, vous!
   
- Pourquoi buvez-vous?

- La question m'a déjà été posé monsieur le proviseur.

- Probablement par des gens qui vous aiment bien.

- Probablement. Claire me la posait trois fois par semaine: devait m'adorer.
   
- Ah parce que tu mélanges tout ça, toi ! Mon espagnol, comme tu dis, et le père Bardasse. Les Grands Ducs et les boit-sans-soif.

- Les grands ducs...

- Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'on toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !

- Excuse-moi mais nous autres, on est encore capable de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père.

- Mais c'est bien ce que je vous reproche. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine. Dans le fond vous méritez pas de boire. Tu t'demandes pourquoi y picole l'espagnol ? C'est pour essayer d'oublier des pignoufs comme vous.
   
- Écoute ma bonne Suzanne. T'es une épouse modèle.

- Oh...

- Mais si, t'as que des qualités et physiquement, t'es resté comme je pouvais l'espérer. C'est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c'était à refaire, je crois que je t'épouserai de nouveau. Mais tu m'emmerdes.

- Albert ?

- Tu m'emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour mais tu m'emmerdes.
   
- t'es qui?

- Ah toi tu ferais mieux de t'en tenir là avant que tes espagnolades te r'prennent!

- Monsieur Hénault, si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille.

- Dis donc p'tit mal poli, tu veux que j't'apprenne!

- Monsieur Hénault, je vous interdis de tutoyer mon homme de barre. J'vous ai d'jà dit qu'vous n'étiez pas de la même famille.

- Alors toi j'te préviens si t'es venu pour me donner des ordres, j'vais vous virer tous les deux à coups de pompes dans le train !
   
- Ici, non plus c'est pas très authentique mais avec le vent du Tibet ça peut faire illusion. Tenez mon vieux, si j'vous disais que certains soirs, hein, derrière ce mur là, et bah j'ai vu, pas cru voir, j'ai vu une ville, des tramways, la foule, des drames...

 

Les tontons flingueurs (1963)

de Georges Lautner avec :
Lino Ventura (Fernand Naudin)   
Bernard Blier (Raoul Volfoni)   
Francis Blanche (Maître Folace)   
Jean Lefebvre (Paul Volfoni)    
Robert Dalban (Jean)
               
Paul Volfoni
- Écoute, on t'connaît pas, mais laisse nous t'dire que tu t'prépares des nuits blanches... des migraines... des "nervous breakdown", comme on dit de nos jours.
   
Raoul Volfoni
- Non mais t'as déjà vu ça ? en pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! Mais moi les dingues j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Au 4 coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...

Théo
"La bave du crapaud n'empêche pas la caravane de passer". 

Pascal
- L'ami fritz ? Il s'occupe de la distillerie clandestine.

Mr Fernand
- C'est quand même marrant les évolutions. Quand je l'ai connu le mexicain, il recrutait pas chez tonton.

Pascal
- Vous savez ce que c'est non ? L'âge, l'éloignement... A la fin de sa vie, il s'était penché sur le reclassement des légionnaires.

Mr Fernand
- Ah ! Si c'est une oeuvre, alors l à !! Là , c'est autre chose.

Pascal
- A l'affût sous les arbres, ils auraient eu leur chance, seulement de nos jours il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied, l'esprit fantassin n'existe plus ; c'est un tort.

Fernand Naudin
- Et c'est l'oeuvre de qui d'après toi, des Volfoni ?

Pascal
- Ce serait assez dans leurs sales manières ; Mr Fernand ? Je serais d'avis qu'on aborde molo, des fois qu'on serait encore attendu... Mais, sans vous commander, si vous restiez un peu en retrait... Hein ?

Fernand Naudin
- Ouais, n'empêche qu'à la retraite de Russie, c'est les mecs qu'étaient à la traîne qu'ont été repassés...

Maître Folace
- C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases !

Raoul Volfoni
- Mais y connaît pas Raoul ce mec. Y va avoir un reveil pénible. J'ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter qu'le sang coule mais maint'nant c'est fini ! Je vais l'travailler en férocité ! l'faire marcher à coup d'latte, à ma pogne je veux l'voir ! et j'vous promets qui demandera pardon ! et au garde-à-vous !

Fernand Naudin
- Patricia, mon petit... Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la Pampa parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu !

Pascal
- Alors l à , on est vraiment confus ! Voila, si on est venu à deux, y'a une raison ! Bastien, c'est le fils de la soeur de mon père, comme qui dirait, un cousin direct, vous saisissez la complication Mr Fernand.

Mr Fernand
- Non, pas encore !

Bastien
- Ben, forcement, t'as pas donné à Mr Fernand mes références : 1ère gâchette chez Wolfoni, 5 ans de labeur, de nuit comme de jour, et sans un accroc.

Pascal
- Vous la voyez ce coup l à l'embrouille ? Dans le monde des caves, on appelle ça, un cas de conscience, nous on dit : un point d'honneur. Entre vous et les Wolfoni, il va faire vilain temps, en supposant que ça tourne à l'orage, bastien et moi, on est sûr de se retrouver face à face, flingue en pogne, avec l'honnêteté qui commande de tirer. Ah non, un truc à décimer une famille.

Théo
- La nuit en plein milieu de la route, un homme armé, en uniforme qui agite une lanterne et qui crie halte, qu'est ce que vous faites ?

Mr Fernand
- J'm'arrète bien sûr, je passe pas dessus !

Théo
- Et bien, c'est pour ça que vous avez encore votre permis ! Moi pas !

Patricia 
- D'où viens-tu ?

Mr Fernand 
- De chez des amis.

Patricia
- D'anciens paras ? Vous avez évoqué le bon vieux temps, cooptation, close combat, vous avez joué au lance flamme ... Je t'ai demandé la permission d'inviter des amis, t'étais d'accord ; tu sais qu'ils sont tous d'excellentes familles ? Celui qui vient de t'offrir du scotch, tu sais qui c'est ? Jean claude tellier, le fils du contre amiral. Ècoutes, tu tiens toujours à ce que je passe mon bacho, alors sois logique ! Le bacho sans relations, c'est la charrue sans les boeufs. Le tenon sans la mortaise, bref, une nièce sans son petit oncle ! Avoues que tu n'avais jamais pensé à ça.

Mr Fernand
- C'est fini oui ?

Patricia
- Entre nous, a quoi penses tu en général ?

Mr Fernand
- A Montauban, on devrait jamais quitter Montauban !

Mr Fernand
- Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Raoul Volfoni
- Bougez pas. Les mains sur la table. J'vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur et des flingues de concours.

Jean
- Si ces messieurs veulent bien me les confier... Allons vite messieurs, quelqu'un pourrait venir, on pourrait se méprendre et on jaserait.

Maître Folace
- Touche pas au grisby, salope!

Paul Volfoni
- Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a aut'chose. Ça serait pas dès fois de la betterave, hein ?

Fernand Naudin
- Si, y'en a aussi.

Fernand Naudin
- Happy birthday to you !(ter)

Raoul Volfoni
- Alors, y dors le gros con ? Ben y dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule. Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban. J'vais l'renvoyer tout droit à la maison mère, au terminus des prétentieux.

Antoine
- Oui, surtout avec Papa. Il comprend rien au présent, rien au passé, rien à l'avenir, enfin rien à la France, rien à l'Europe, enfin rien à rien... Mais il comprendrait l'incompréhensible, dès qu'il s'agit d'argent.


La scène de la cuisine


Maître Folace
- Charmante soirée, n'est ce pas ? Vous savez combien ça va nous coûter ? 2 000 francs nouveaux.

Fernand Naudin
- Y'en a qui gaspillent, et y'en a d'autres qui collectent ... Hein ?

Jean
- Faudrait encore des sandwichs à la purée d'anchois, ils partent bien ceux-là.

Fernand Naudin
- Voilà vos encaissements en retard ... Les Volfoni ont essayé de me flinguer, oui Maître !

Maître Folace
- C'est pourtant pas leur genre !

Fernand Naudin
- Et ben ça prouve qu'ils ont changé de genre. Voilà !

Jean
- Quand ça change, ça change. Faut jamais se laisser démonter !

Maître Folace
- Vous croyez qu'ils oseraient venir ici ?

Fernand Naudin
- Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Les Volfoni sonnent à la porte... et entrent.

Paul Volfoni
- Sûr que tu t'es pas gouré de crèche ?

Raoul Volfoni
- J'me goure jamais !

Une jeune fille
- A drink, please ?

Raoul Volfoni
- J'veux rien ! Si c'est notre fric qu'y sont en train d'arroser, ça va saigner...

Raoul Volfoni
- Dis donc mon brave

Jean
- Monsieur ?

Raoul Volfoni
- Il est là vot' patron ?.

Jean
- Qui demandez-vous ?

Paul Volfoni
- Monsieur Fernand Naudin.

Raoul Volfoni
- Monsieur Fernand... Fernand l'emmerdeur ! Fernand le malhonnete ! c'est comme ça que j'l'appelle moi !

Jean
- Si ces messieurs veulent bien me suivre...

Raoul Volfoni
- Et comment ! Alors tu viens, dis !

Jean
- Si vous voulez bien vous donnez la peine d'entrer.
Dans la cuisine...
       
Raoul Volfoni
- Bougez pas !... Les mains sur la table ! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
Jean
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...

Raoul Volfoni
- Quoi ?

... (Patricia entre)

Jean

- Allons vite messieurs ! quelqu'un pourrait venir, on pourrait se méprendre et on jaserait... Nous venons déjà de frôler l'incident.

Fernand Naudin
- Tu sais ce que je devrais faire... rien que pour le principe

Raoul Volfoni
- Tu trouves pas qu'c'est un peu rapproché ?

Paul Volfoni
- J'te disais que cette démarche ne s'imposait pas. Aujourd'hui, les diplomates prendraient plûtot le pas sur les hommes d'action. L'époque serait aux tables rondes et à la détente. hein ? Qu'est-ce que t'en penses ?

Fernand Naudin
- J'dis pas non.

Raoul Volfoni
- Mais dis-donc, on est tout de même pas venu pour beurrer les sandwichs !

Paul Volfoni
- Pourquoi pas ! au contraire, les tâches ménagères ne sont pas sans noblesses ; surtout lorsqu'elles constituent le pas vers des négociations fructueuses. hein ? ... merci.

Fernand Naudin
- Maître Folace, vous devriez planquer les motifs de fâcher !

Paul Volfoni
- Oh ! Monsieur Fernand...

Fernand Naudin
- Y connaît la vie Monsieur Paul. Mais pour en r'venir au travail manuel, là, c'que vous disiez est finement observé et puis, ça reste une base.

Raoul Volfoni
- Et bah c'est bien vrai. Si on rigolait plus souvent, on aurait moins la tête aux bétises.
... (Une jeune fille vient chercher du whisky et touche à l'argent)

Maître Folace
- Touche pas au grisby... salope !!!! ....

Paul Volfoni
- L'alcool à c'âge là... enfin !

Fernand Naudin
- Non mais c'est un scandale, hein !

Raoul Volfoni
- Nous par contre on est des adultes... on pourrait peut être s'en faire un ptit, hein ?

Fernand Naudin
- Ca le fait est. Maître Folace ?

Maître Folace
- Seulement le tout venant a été piraté par les mômes. Qu'est ce qu'on se fait,... on se risque sur le bizarre ? ça va rajeunir personne !

Raoul Volfoni
- Ah nous v'là sauvés !
   
Maître Folace
- Sauvés... faut voir !

Jean
- Tiens, vous avez sorti le vitriol !

Paul Volfoni
- Pourquoi vous dites ça ? Il a l'air pourtant honnête !

Fernand Naudin
- Sans être franchement malhonnête, au premier abord, comme ça il a l'air assez curieux.

Maître Folace
- Y date du mexicain, du temps des grandes heures, seulement on a dû arrêter la fabrication : y a des clients qui devenaient aveugles, alors ça faisait des histoires...

Raoul Volfoni
- Faut reconnaître, c'est du brutal !

Paul Volfoni
- Vous avez raison. Il est curieux, hein ?

Fernand Naudin
- J'ai connu une polonaise qu'en prenais au p'tit déjeuner... Faut quand même admettre qu'c'est plutôt une boisson d'homme.

Raoul Volfoni
- Tu sais pas ce qu'il me rappelle? c't'espèce de drôlerie qu'on buvait dans une p'tite taule de Biénoa pas très loin de Saigon... Les volets rouges ... et la taulière, une blonde comaque... Comment qu'elle s'appelait Nom de Dieu ?

Fernand Naudin
- Lulu la Nantaise !

Raoul Volfoni
- T'as connu !?

Paul Volfoni
- J'y trouve un goût de pomme

Maître Folace
- Y en a !

Raoul Volfoni
- Et c'est devant chez elle que Lucien le Cheval s'est fait déssouder.

Fernand Naudin
- Et par qui, hein ?

Raoul Volfoni
- Bah v'la que j'ai plus ma tête !

Fernand Naudin
- Par Teddy de Montréal, un fondu qui travaillait qu'à la dynamite.

Raoul Volfoni
- Toute une époque...

Maître Folace
- D'accord, d'accord, je dis pas qu'à la fin de la guerre, Jo le Trembleur, il avait pas un peu baissé ; mais n'empêche que pendant les années terribles, sous l'occup, il butait à tout va ! Il a quand même décimé toute une division de panzer ! ah.

Raoul Volfoni
- Il était dans les chars ?

Maître Folace
- Non ! Dans la limonade ! soit à ce qu'on t'dit !

Raoul Volfoni
- Mais j'ai pu ma tête ! j'ai pu ma...

Maître Folace
- Il avait son secret le Jo...

Raoul Volfoni
- C'est où ?
Jean
- À droite, au fond du couloir.

Maître Folace
- Hé, Hé, Hé ! 50 kilos de patates, un sac de sciure de bois, il te sortait 25 litres de 3 étoiles à l'alambic. Un vrai magicien ce Jo. Et c'est pour ça que je me permets d'intimer l'ordre à certains salisseurs de mémoires qui ferait mieux de fermer leur claque-merde ! ah.

Paul Volfoni
- Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a aut'chose. Ça serait pas dès fois de la betterave, hein ?

Fernand Naudin
- Si, y'en a aussi.
...

Fernand Naudin
-  e mangerai bien quelque chose de consistant, moi.

Raoul Volfoni
- Dis donc, elle est maquée à un jaloux ta nièce ? Je faisais un brin de causette, le genre réservé, tu me connais : mousse et pampre, v'là tout à coup qu'un p'tit cave est venu me chercher ! Les gros mots et tout !

Fernand Naudin
- Quoi ! Monsieur Antoine ! Si j'peux lui faire franchir les portes, faut p't'être le faire passer au travers !

Jean
- J's'rai pas étonné qu'on ferme !


100.000 dollars au soleil (1963)

Un film de Henri Verneuil avec
Bernard Blier,
Lino Ventura et
Jean-Paul Belmondo

- Dis-moi, Plouc... dis-moi la vérité. Est-ce que je suis une putain ?

- Bah... Enfin... Tu couches toujours avec tout le monde. Enfin, je veux dire avec les copains ?

- Oui.

- Et y'en a pas un dès fois qui t'aurais refilé de l'oseille ?

- Non.

- Et bah alors ! T'es not'petite Angèle, c'est tout.
   
- Tiens, ça me rappelle ma finlandaise. Tu la connais mon histoire avec la finlandaise ?

- Oui.

- Bah toi qui la connaît pas tu vas te poiler ! Figure toi qu'un jour sur la piste d'Ibn Saoud, j'tombe sur un p'tit ingénieur des pétroles avec sa Land Rover en rideau. Il avait sa bonne femme avec lui, là, une grande blonde avec des yeux qu'avaient l'air de rêver et puis un sourire d'enfant : une salope quoi. Moi je repère ça tout de suite parce que les femmes c'est mon truc.
   
- Et son mari n'a rien dit ?

- Non... tu sais, quand les types de 130K disent certaines choses, ceux de 60K les écoutent.

 

Mélodie en sous-sol (1963)

Un film de Henri Verneuil avec
Jean Gabin,
Alain Delon et
Maurice Biraud

   
- Écoute-moi bien. A partir de maintenant, travaille au chrono parce qu'une minute d'écart ça veut pas dire forcément 60 secondes. Ça peut se transformer en années de placard. Crois-moi, je connais la question.
   
- Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus.

 

Les barbouzes (1964)

de Georges Lautner avec :
Lino Ventura (Francis Lagneau)   
Bernard Blier (Eusebio Cafarelli)   
Francis Blanche (Boris Vassilieff)   
Charles Millot (Hans Muller)
           
Voici donc Francis Lagneau, dit Petit Marquis, dit Chérubin, dit Talon Rouge, dit Falbala, dit belles manières. Il est également connu, dans certains milieux sous le sobriquet de Requiem, dit Bazooka, dit La Praline, dit Belle Chataigne.
   
Citoyen de Genève, représentant des banques et dépositaire de la pensée neutraliste, voici Eusebio Cafarelli, dit le Chanoine, entomologiste et esprit distingué; Son mystisme à la fois très hostile au rationalisme de Saint Thomas et à l'orthodoxie mécanique de la scolastique, le pousse parfois à des actions brutales que sa conscience réprouve. Mais, le meilleur des hommes ne saurait être parfait...
   
Apôtre de la coexistence, Boris Vassilief, sujet très doué, surnommé dès son plus jeune âge trinitrotoluène, pianiste virtuose, pyrotechnicien confirmé, Boris est classé par ses supérieurs dans la catégorie des "esthètes turbulents".
   
Compatriote de Goethe et de Wagner, voici Hans Muller, dit le bon docteur. Philologue, musicien et humaniste, chercheur assoiffé de vérité, auteur d'un ouvrage aujourd'hui introuvable "les points sensibles, ou la thérapeuthique contre le mensonge"

Francis Lagneau
-     Si la pluie continue, les fraisiers seront en retard.

Le portier de l'hôtel à Istanbul
-     Mais les grenouilles seront en avance...
   
Eusebio Cafarelli
-     Pourquoi ne pas tempérer provisoirement... certains réflexes... Pourquoi ne pas poursuivre cette idée de trève évoquée un peu sommairement hier soir... et qui rendrait se séjour harmonieux

Boris Vassilief
-     et le jour venu, qui avertira Boris qu'elle est rompue la trève ?

Francis Lagneau
-     Mais monsieur l'Abbé lui-même, en t'filant une grenade dans la tronche

Hans Muller
-     Ou en glissant un scorpion dans mon lit.

Eusebio Cafarelli
-     N'exagérons pas, on n'en réchappe...

Hans Muller
-     Pas toujours
   
Eusebio Cafarelli
-     M'accuserait-on ?
Francis Lagneau
-     Mais non, qu'est-ce que vous allez chercher là... n'empêche que dans certaines de nos écoles, le coup du scorpion est désigné aux futurs agents sous le nom du coup du chanoine

Eusebio Cafarelli
-     et le coup du dynamitage du Boeing avec 114 activistes Biloujistanais... est-ce qu'il porte un nom ?

Francis Lagneau
-     jamais entendu parlé de ca

Eusebio Cafarelli
-     et la liquidation du réseau Koenigsmark ? ... 40 personnes dans du mazout en flamme : c'est rien, mais enfin, faut l'faire... Vous m'répondrez que sur ces 40 personnes

Boris Vassilief
-     Je ne vous répondrai rien du tout. Je ne vous parle plus.
   
Francis Lagneau
-     ahh ahh ahh tu lui avais mis une bombe ahh ahh ahh

Boris Vassilief
-     nonnnn il y a des imitateurs, des faussaires, des copieurs immondes....
   
Un employé de l'hôtel à Istanbul
-     Un Chinois vient de tomber de la terrasse, il est mort!
Le portier
-     Du calme mon enfant, un client part, un autre arrive...
   
Mme Pauline
-     Ah, Monsieur Lagneau, vous n'avez pas connu les soirées du temps de son excellence !
Francis Lagneau
-     Croyez bien que je le regrette !

Mme Pauline
-     C'était pas du tout ce que vous pensez !

Francis Lagneau
-     Enfin écoutez Mme Pauline, faut tout de même voir les choses en face ! La chambre des glaces, le boudoir chinois, les fillettes au salon...dans ma jeunesse ça s'appelait un bordel...

Mme Pauline
-     Oh bien sûr, si vous jouez sur les mots ! On leur fait dire c'qu'on veut, aux mots ! Pour M. Benar Shah, ma maison c'était plutôt un décor, une façon de croire qu'on a pas vieilli, qu'on reste fixé dans une époque...Y pensait pas tellement galipettes, mais plutôt...tradition !
   
Dans ce monde violent, âpre et sanguinaire, un rayon de lumière troue parfois les ténèbres. Ainsi, tel celui de l'ange de Reims, le doux visage d'Amaranthe Benar Shah, veuve inconsolable de son Excellence.
   
-     Dans deux ans... Au revoir M'sieurs-Dames... j'serai à l'échelon sept, les mômes sont élevés, j'ai ma cabane en Dordogne, la retraite faut la prendre jeune.
-     Faut surtout la prendre vivant. C'est pas dans les moyens de tout le monde.
   
La serveuse du restaurant
-     Monsieur déjeune ?

Francis Lagneau
-     Ben il en est question, oui ! Qu'est-ce-que vous avez ?

La serveuse
-     Aujourd'hui nous avons le plat de côtes, ou les paupiettes, ou le civet de lapin.

Francis Lagneau
-     Ah, ben vous allez me mettre des paupiettes en ouverture, et pis un plat de côtes, hein...Non, non, attendez, mettez-moi d'abord un civet, au lieu des paupiettes, hein, et puis...mon plat de côtes après quoi...et puis, glissez-moi une p'tite paupiette avec, quoi, hein ?

Le colonel
-     Vous prendrez bien un p'tit dessert ?

Francis Lagneau
-     Ouais...vous avez des tartelettes ?

La serveuse
-     Oui...

Francis Lagneau
-     Et ben, tout de suite après le fromage, j'y goûterais bien volontiers...puis alors après, une p'tite bricole, c'que vous avez, quoi, une 'tite crème renversée ou une 'tite glace...

La serveuse
-     Oui...
Francis Lagneau
-     Hum...Allez mon petit allez...
   
Francis Lagneau
-     Sinon... ?

Le colonel
-     Sinon, vous sautez !
(Lagneau rit)

Le Colonel
-     Pourquoi ce rire bête ?

Francis Lagneau
-     Parce que si j'ai bien compris, c'coup-là, si j'saute, vous serez 600 millions à sauter avec moi !

Le Colonel
-     Vous êtes vraiment la brute !

Francis Lagneau
-     Excusez-moi, mon colonel, mais, vous savez, une brute, ça rit d'un rien hein, un missile qui passe, un champignon qui monte dans le ciel, le temple d'Angkor qui passe au-dessus de Billancourt... J'me marre de tout, j'ai des goûts simples !
Le Colonel
-     C'est fini, oui !

Francis Lagneau
-     Oui oui, oui oui, mon colonel, mais oui mais oui...
   
Boris Vassilieff
-     Oooh, petite soeur, mon coeur saigne, Boris est complètement détruit, abimé de sanglots, aaahhh...
(musique de violons tziganes)

Francis Lagneau
-     Ah, le con...

Boris Vassilieff
-     Pitié, laisse-moi te regarder, tu es splendidement occidentale... Boris, lui, hurle de douleur, toi tu souffres en-dedans...Ah !

Rosalinde
-     Je crois Monsieur que la douleur vous égare...C'est Madame qui souffre en-dedans...

Boris Vassilieff
-     Ahhh...Le désespoir, la foliiiie...Anouchka petite soeur dans mes bras...J'ai couru, épouvanté, Transsibérien, Tupolev, je pousse dans l'avion des cris terribles...aooouuhh... !

Amaranthe
-     Mais enfin Monsieur, qui êtes-vous ?

Boris Vassilieff
-     Tu...Mais...Boris ! Voyons ! Le presque frère...Ce pauvre cher Constantin a têté le lait de ma mère à Odessa...Ah...Odessa...Je nous vois encore, nos jeux, nos chants...Laï-laï-laï ! Wouh ! Laï-laï-laï-laï-la-la-la-laï !Wouh ! Aaah...L'odeur du goudron sur les quais d'Odessa, le vent du large dans les cheveux de ce pauvre cher Constantin...

Amaranthe
-     Mais je croyais qu'il était né à Téhéran ?

Boris Vassilieff
-     Et alors, hum ? On chante aussi bien à Téhéran qu'à Odessa, non ?

Francis Lagneau
-     Oui mais le vent du large souflle un peu moins fort, c'est à deux cents bornes de la mer.

Boris Vassilieff
-     Hum ! Notion bourgeoise des distances !
   
Eusebio Cafarelli
-     Les parents ont croqué les raisins verts et les dents des enfants ont été agacées...La violence engendre la violence...

Francis Lagneau
-     C'est ça...et qui sème le vent récolte la tempête, etc...
   
Le Colonel
-     Les ordres sont les suivants : on courtise, on séduit, on enlève et en cas d'urgence...on épouse !
   
Amaranthe
-     Il ne fallait pas, docteur, ces roses sont une folie, le jardin en regorge...
Hans Muller
-     Oh, pas les mêmes, petite fée, celles-ci sont en vénélite compressée, inaltérables à l'eau de mer, antimagnétiques, fluorescentes et ininflammables...
   
Amaranthe
-     Vous savez, quand un monsieur inconnu ramène chez vous votre mari mort, dynamite la salle de bains et jette les visiteurs par la fenêtre, on prend l'habitude de ne plus s'étonner de grand'chose...
   

Amaranthe
-     Vous avez l'air soucieux.
Francis Lagneau
-     Y'a de quoi, oui...Y faut dire qu'ça fait jamais plaisir...

Amaranthe
-     Qu'est ce que je vous ai fait?

Francis Lagneau
-     Mais vous rien, mais c'est tous ces autres là...le ricain...les Chinois, toutes ces fatalités...vous allez finir par me prendre pour un brutal !

Amaranthe
-     Oh !

Francis Lagneau
-     Mais si, mais si !

Amaranthe
-     Pourquoi dites-vous ça... ?

Francis Lagneau
-     Mais parce que j'connais la vie, Amaranthe, on juge facilement les gens sur les apparences, voilà...Tenez, si je vous disais qu'à treize ans déjà, j'me suis fait virer du lycée Jeanson-de-Sailly pour un malheureux coup de poing dans la gueule. J'défendais un p'tit et quand y...

Amaranthe
-     Teu-teu-teu...Francis...

Francis Lagneau
-     Ah parce que j'ai p'tête jamais pris de coup de poing dans la gueule... ?

Amaranthe
-     Si...Sûrement même...mais pas à Jeanson-de-Sailly. Francis, qui êtes-vous, au juste?

Eusebio Cafarelli
-     Un fumier et une ordure...

Boris Vassilieff
-     Un cafard abject, un sycophante glaireux ! Tsss...
   
Boris Vassilieff
-     Cher Hans, pourquoi vous transpirez ainsi ?

Hans Muller
-     Parce que je pense !Je m'interroge...Osera-t-il descendre ?

Eusebio Cafarelli
-     Qui ? Sardanapale ? Moi j'l'vois plutôt hébété, vautré sur sa litière, ensuqué par le stupre...Oh il n'fera surface qu'avec le coucher du soleil, façon oiseau de nuit...

Boris Vassilieff
-     Je ne comprends pas la petite colombe !...Pourtant j'étais là... !

Eusebio Cafarelli
-     Dites-moi Rudolf, et les croissants ?

Rudolf
-     Pour avoir des croissants, faut aller au village !...Mais j'ai plus personne !

Hans Muller
-     Les domestiques... ? Couic ! ?...Tous ?

Eusebio Cafarelli
-     Les pauvres gens...

Francis Lagneau
-     Bonjour messieurs...

Hans Muller
-     Tiens, notre vénérable confrère !

Boris Vassilieff
-     C'est dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil...

Eusebio Cafarelli
-     Rassurez-nous vite, mon cher Francis...J'espère que notre charmante hôtesse n'a pas été trop perturbée par les évènements de cette nuit, je m'permets cette question parce que je pense que vous l'avez vue euh ...après nous ?

Hans Muller
-     Que dit-elle de tout ça ?

Francis Lagneau.
-     Elle dit : Caltez volailles ...Oui, figurez-vous que Mme Benar Shah en a assez de vos singeries...et puis elle vous trouve un peu trop bruyants pour les voisins et...très très mal élevés...Et à partir de maintenant, on veut du style et d'la tenue !

Hans Muller
-     Traduction ?

Francis Lagneau
-     Vous avez une demie-heure pour faire vos valises et pour prendre congé...Voilà !... Messieurs.
(il sort)

Boris Vassilieff
-     Qu'est ce qu'on fait ? On le tue tout de suite ou on boit café d'abord ?

Eusebio Cafarelli
-     On réfléchit.

Hans Muller
-     J'ai la tête vide. Moi la trahison, ça me démolit !

Eusebio Cafarelli
-     Une question de formation...Moi, ça m'inspire...!
   
Boris Vassilieff
-     Et maintenant, le monstre, comment on le supprime ?

Eusebio Cafarelli
-     Ben je suggère un truc de bonne femme, euh, genre, euh, tisane, vous savez, la mauvaise santé par les plantes...

Boris Vassilieff
-     Oooh, c'est un peu triste, non j'aimerais mieux quelque chose de plus enlevé, de plus allègre, quelque chose de...dans le genre de ça !

Hans Muller
-     Qu'est ce que c'est ?

Boris Vassilieff
-     Ca ? Un dérivé lent de la nitroglycérine...Cinq-six gouttes dans le potage et le patient explose ! Poum ! De l'intérieur !

Eusebio Cafarelli
-     Ecoutez Boris, mon vieux, cessez de jouer avec vos p'tits produits, sinon un jour vous nous ferez péter la gueule ! Hein... ?

Boris Vassilieff
-     Oooh...si vous préférez le bricolage... !
   
Amaranthe
-     Quarante !
Francis Lagneau
-     Hein ?

Amaranthe
-     Un autre barbu...C'est p't'être un congrès ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
(Francis Lagneau arme son pistolet)
Francis Lagneau
-     Un barbu, c'est un barbu...Trois barbus, c'est des barbouzes !
   
Francis Lagneau
-     Bon, vous vous restez là. Alors, si n'importe qui vous d'mande l'heure, du feu ou l'chemin d'la mer...

Les deux adjoints de Lagneau
-     On flingue ! ! !

Francis Lagneau
-    Vooooilà !

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